Luiz Antonio Gasparetto : le peintre médium des histoires extraordinaires

Le grand public se souvient sans doute de la séquence impressionnante diffusée dans le cadre des 30 histoires extraordinaires sur TF1, consacrée à un artiste pas tout à fait comme les autres : Luiz Antonio Gasparetto. Face à la caméra, cet homme entrait en transe pour exécuter des tableaux à une vitesse vertigineuse, affirmant prêter son corps aux esprits d’illustres maîtres de la peinture disparus.

Qu’est-ce que la psychopictographie ?

La psychopictographie, ou peinture médiumnique, désigne la pratique au cours de laquelle un sujet affirme réaliser des toiles sous l’influence directe ou par l’intermédiaire d’entités désincarnées. Initié à ces manifestations dès l’âge de treize ans au début des années 1960, Gasparetto a rapidement fasciné les observateurs par la singularité de son mode opératoire :

  • Une rapidité déconcertante : alors qu’un tableau classique nécessite des jours ou des semaines d’élaboration, le Brésilien réalisait des toiles abouties en seulement quelques minutes.
  • Une gestuelle spectaculaire : peignant souvent dans une semi-obscurité, il pouvait utiliser ses deux mains simultanément pour composer deux tableaux distincts, voire employer ses pieds nus pour étaler la matière picturale.
  • La variété des styles : au cours d’une même séance, il reproduisait les touches caractéristiques d’artistes aussi divergents qu’Amedeo Modigliani, Claude Monet, Vincent van Gogh ou Pablo Picasso, allant jusqu’à reproduire des signatures proches de celles des défunts peintres.

Une figure ancrée dans le spiritisme brésilien

L’essor de Luiz Gasparetto ne s’explique pas seulement par la curiosité médiatique internationale, mais également par le contexte culturel de son pays d’origine. Au Brésil, la doctrine spirite codifiée par Allan Kardec a trouvé un écho populaire immense, popularisée par des figures de premier plan telles que Chico Xavier, le médium brésilien guidé par les Esprits par le biais de la psychographie littéraire.

Dans la lignée des créateurs médiumniques du début du XXe siècle en Europe, tels que le spirite Fleury Joseph Crépin ou Augustin Lesage, Gasparetto déclarait ne rien concevoir de lui-même. Pendant de longues années, il a refusé de commercialiser ses toiles, les cédant au profit d’œuvres caritatives ou de son propre centre d’écoute et d’aide psychologique à São Paulo.

Regard critique et postérité du phénomène

Pour le corps médical et les spécialistes du scepticisme scientifique, le cas de Luiz Antonio Gasparetto relève de l’automatisme moteur et d’un état de dissociation de conscience analogue à l’autohypnose. Selon cette lecture rationnelle, l’artiste mobilisait des capacités visuelles et mnésiques exceptionnelles emmagasinées inconsciemment, facilitées par un relâchement total du contrôle cérébral inhibiteur lors de la transe.

Disparu en 2018, Gasparetto a progressivement délaissé la peinture publique au cours de la seconde partie de sa vie pour se tourner vers l’animation télévisuelle, la psychologie et le développement personnel au Brésil. Son parcours demeure néanmoins l’un des témoignages les plus spectaculaires de l’art médiumnique contemporain, continuant d’alimenter les réflexions sur les mystères de la créativité humaine et les états modifiés de conscience.