Dans le paysage spirituel d’Amérique du Sud, le Brésil occupe une place tout à fait singulière. Héritier direct des théories codifiées au XIXe siècle en France par le fondateur de la doctrine, synthétisée par le médium Allan Kardec, le mouvement spirite y a trouvé un écho populaire et social sans équivalent. Aux côtés de personnalités emblématiques comme Chico Xavier, Divaldo Pereira Franco incarne depuis plusieurs décennies cette tradition associant médiumnité déclarée, oratoire public et actions philanthropiques.
Une jeunesse éprouvée par les deuils
Né le 5 mai 1927 à Feira de Santana, au sein d’une fratrie nombreuse de treize enfants, Divaldo Franco connaît des premières années marquées par des tragédies successives. Les disparitions prématurées de plusieurs frères et sœurs, ainsi que de graves ennuis de santé personnelle, le plongent dans un désarroi profond. Durant cette période d’angoisse existentielle et de manifestations visuelles troublantes, le jeune homme envisage le pire avant qu’une expérience intime ne vienne bouleverser ses repères.
Guidé vers le spiritisme par l’intermédiaire d’une praticienne locale à Salvador de Bahia, il y trouve un cadre explicatif à ses perceptions intuitives. Tout en débutant une longue carrière administrative au sein de l’assistance sociale de son État, il structure peu à peu sa sensibilité psychologique et spirituelle.
La psychographie au service de la transmission
À partir de la seconde moitié des années 1940, Divaldo Pereira Franco développe une pratique soutenue de la psychographie, cette forme d’écriture automatique où la main du rédacteur est réputée traduire les pensées d’entités désincarnées. Tout comme certains artistes spirites à l’image du spirite Fleury Joseph Crépin laissaient une force directrice guider leur pinceau, Franco affirme retranscrire des messages dictés par des guides spirituels, en premier lieu une figure dénommée Joanna de Ângelis.
Ses ouvrages, publiés à des millions d’exemplaires et traduits dans de nombreuses langues, abordent des thématiques variées : psychologie d’inspiration jungienne, éthique comportementale, réconfort moral face à la perte et questionnements métaphysiques. Divaldo Franco a toujours fait le choix de céder l’intégralité des droits d’auteur de ces publications à des structures caritatives.
La Mansão do Caminho et l’action sociale
L’originalité du parcours de Divaldo Franco repose sur l’ancrage matériel de ses convictions. En 1952, il fonde avec son ami Nilson de Souza Pereira le centre Caminho da Redenção et la Mansão do Caminho, installée dans la banlieue de Salvador. Ce complexe socio-éducatif accueille, soigne et scolarise des milliers d’enfants issus de milieux défavorisés.
Parallèlement à son investissement sur le terrain, Franco parcourt le globe en tant que conférencier, s’exprimant dans des dizaines de pays sur les liens entre spiritualité, tolérance et altruisme, ce qui lui valut notamment d’intervenir lors de rencontres internationales en faveur de la paix. Son parcours témoigne de la vitalité d’un courant où la quête médiumnique s’est avant tout voulue un levier de solidarité collective.
